La fabrique du consentement fasciste : du trucage des sondages à la minute de silence
- Contre-Courant

- il y a 8 heures
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Le spectacle médiatique et parlementaire s'accélère, et son odeur devient suffocante. Sur tous les plateaux télévisés, du public au privé, les machines à sonder tournent à plein régime pour asséner quotidiennement leurs verdicts fabriqués. Des pourcentages artificiels, des questions fermées et biaisées, une mise en scène pseudo-scientifique : tout est pensé pour infantiliser la population, lui faire croire que ses désirs sont déjà tranchés et neutraliser tout élan d'auto-organisation.
Ce matraquage n'a rien d'un exercice démocratique. C'est de la gestion de troupeau par la bourgeoisie. Pour maintenir l'ordre capitaliste face à la contestation sociale et à l'effondrement du système, la classe dirigeante déploie son appareil d'ingénierie sociale. L'objectif est double : maintenir un « bloc central » libéral autoritaire qui se pose en unique gestionnaire raisonnable de l'État, tout en dédiabolisant, légitimant et propulsant l'extrême droite. Cet « extrême centre » se nourrit du danger fasciste qu'il prétend combattre, l'utilisant comme un épouvantail utile pour verrouiller le pouvoir, tout en adoptant pas à pas ses méthodes et ses thèmes.
Le parallèle avec l'Histoire est aveuglant. Dans son ouvrage Les Irresponsables : qui a porté Hitler au pouvoir ?, l'historien Johann Chapoutot rappelle une réalité politique cruciale : le fascisme et le nazisme ne prennent pas le pouvoir par la seule force des urnes ou des armes. Ils y sont portés par une droite libérale et conservatrice, un centre technocratique, incapable de maintenir ses privilèges sans s'allier à la brutalité fasciste. Les élites d'alors préféraient la barbarie brune au risque de la transformation sociale.
C'est exactement la trajectoire que poursuit notre « bloc central » : un cynisme de classe qui prépare le terrain au fascisme tout en prétendant s'en protéger.
La preuve la plus abjecte de cette compromission s'est étalée sous nos yeux dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale : l'observation d'une minute de silence pour un militant d'extrême droite, admirateur assumé d'Adolf Hitler.
Voir l'intégralité des partis politiques représentés se lever et se taire à cette occasion marque une rupture historique effrayante. En acceptant ce rituel d'hommage sous couvert de « respectabilité » républicaine, la gauche institutionnelle s'est une fois de plus couchée devant le chantage de la droite et de l'extrême droite. Elle a montré son incapacité radicale à opposer une rupture nette face au rouleau compresseur fascisant.
L'État, la propriété privée et les partis du Capital se serrent les coudes. Les sondages truqués cherchent à nous faire croire à l'inéluctabilité de cette dérive, tandis que les institutions légitiment les héritiers du nazisme.
Face à ce piège mortel préparé par l'extrême centre et exécuté par l'extrême droite, il n'y a rien à attendre des urnes ni des parlements. Seules la rue, la grève, la solidarité de classe et l'action directe permettront de briser l'engrenage.
Nous devons renverser le système capitaliste, en brisant ses chiens de garde que sont la police, l'armée, les médias dominants, la justice bourgeoise et les partis collaborateurs.
Pour la révolution sociale et libertaire !
Mort aux vaches et aux condés !
Vive l'Anarchie !



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