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Journal de lutte et d'alternative anarchiste

Fascismes, calottes et capital : pourquoi le combat anticlérical demeure une urgence pour l’émancipation prolétarienne

  • Photo du rédacteur: Contre-Courant
    Contre-Courant
  • 15 août
  • 3 min de lecture






L'histoire des régimes autoritaires, fascistes et nazis du XXᵉ siècle offre une leçon fondamentale qu'aucun travailleur, aucun exploité ne doit oublier : les Églises officielles, et au tout premier rang l'Église catholique, ont systématiquement servi de béquille au capitalisme sauvage, à la réaction et à la terreur d'État.


Face à la montée de la révolution sociale, la hiérarchie romaine et les élites cléricales ont vu dans le fascisme un « moindre mal ». Pour préserver leurs privilèges matériels, leur pouvoir moral et l'ordre bourgeois, les prélats ont consenti, béni et participé aux pires barbaries de l'histoire moderne.


L'alliance historique du sabre et du goupillon


Un rapide survol des compromissions cléricales montre l'ampleur de cette alliance réactionnaire :


Au Portugal, la dictature de Salazar était encensée par les intellectuels catholiques comme le modèle d'un « État chrétien d'autorité » fondé sur la soumission corporatiste de la classe ouvrière.


En Espagne, le franquisme est né de la bénédiction explicite du haut clergé catholique, qui qualifiait de « sainte violence » le coup d'État militaire contre la République, assassinant des dizaines de milliers de prolétaires et de militants anarchistes de la CNT.


En France, la hiérarchie catholique s'est alignée sans réserve derrière le régime de Vichy, cautionnant la Milice, la répression politique et les lois antisémites, poussant le soutien à la réaction jusqu'à abriter après-guerre des criminels fascistes.


En Allemagne, ce sont les voix du Parti du Centre catholique (Zentrum) qui ont permis à Hitler d'obtenir les pleins pouvoirs en 1933. Les évêques catholiques imposèrent un serment de fidélité au Reich nazi dans la foulée du Concordat avec le Vatican, tandis que plus des trois quarts des membres de la SS étaient issus de familles catholiques pratiquantes.


Après la guerre, le Vatican organisa activement la fuite des criminels nazis vers l'Amérique du Sud.


Pourquoi combattre les religions aujourd'hui ?


En Europe de l'Est, de la Slovaquie dirigée par un Premier ministre catholique fervent jusqu'à la Roumanie où des mouvements ultra-religieux organisaient des pogroms sauvages, le sentiment religieux a servi de carburant à l'extermination nazie et fasciste.


Ce rappel historique n'est pas une simple révision du passé : il éclaire notre présent. Aujourd'hui, alors que le système capitaliste s'enfonce dans une crise structurelle profonde, les dogmes religieux reviennent en force pour jouer leur rôle historique : diviser la classe ouvrière, endormir les consciences et légitimer l'oppression.


Toutes les religions, par leur structure dogmatique et hiérarchique, véhiculent le même poison :


L'acceptation de la soumission : En prêchant l'obéissance à une autorité suprême, les religions préparent les individus à accepter sans brocher l'autorité du patron, du policier et de l'État.


La division des exploités : En substituant des guerres de clochers, de cultures ou de dogmes à la véritable lutte des classes, les identitarismes religieux empêchent la solidarité internationale des travailleurs.


Le contrôle des corps et des esprits : Les institutions religieuses cherchent en permanence à régenter la vie privée, le droit des femmes à disposer de leur corps, les libertés sexuelles et la pensée critique.


La menace spécifique du catholicisme contemporain


S'il faut lutter contre tous les obscurantismes, le combat contre l'Église catholique conserve une urgence particulière dans nos sociétés :


Un pouvoir financier et foncier colossal : L'Église catholique n'est pas une simple communauté de croyants, c'est une institution multinationale multimilliardaire, intégrée aux rouages du capitalisme mondial, gérant des banques, des biens immobiliers considérables et bénéficiant souvent de subventions publiques indirectes.


Le fer de lance de la réaction politique : En Europe et sur le continent américain, le catholicisme politique constitue le socle idéologique et militant de la recomposition de l'extrême droite.


De la contestation des droits des femmes et des minorités jusqu'à l'infiltration des cabinets ministériels et des médias, la hiérarchie catholique et ses officines mènent un travail de sape permanent contre les conquêtes sociales.


Une culture de l'impunité et du patriarcat : L'institution romaine continue d'incarner une structure patriarcale archaïque où l'omerta et le pouvoir absolu des clercs ont permis de dissimuler pendant des décennies des crimes massifs à l'encontre des enfants et des vulnérables.


Ni Dieu, ni Maître, ni État, ni Patron !


Pour nous, la liberté ne s'octroie pas, elle se conquiert. Il ne peut y avoir d'émancipation sociale réelle sans rupture définitive avec l'obscurantisme religieux et les structures autoritaires qui le soutiennent.


Face à l'alliance renouvelée des réactionnaires, de la finance et des soutanes, nous n'opposons ni l'illusion des urnes ni le repli nationaliste, mais l'action directe, l'auto-organisation syndicale, la solidarité de classe et l'anticléricalisme de combat.


​« Les hommes ne seront libres que lorsque le dernier roi aura été étranglé avec les boyaux du dernier prêtre. » Diderot


Pour la révolution sociale et la liberté absolue de conscience !


Vive l'Anarchie ! 

 
 
 

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