Le « racisme anti-blanc » : anatomie d'une mystification colonialiste et fasciste
- Contre-Courant

- 30 juil.
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Il y a une mécanique consubstantielle au fascisme : retourner les armes du dominé contre lui-même pour perpétuer le pouvoir. Depuis quelques décennies, l'extrême droite a érigé en dogme son concept fétiche : le soi-disant « racisme anti-blanc ». Il est urgent de démonter ce mythe pour ce qu'il est réellement : un artefact idéologique né du colonialisme, nourri par des névroses identitaires et façonné par des laboratoires néo-fascistes.
La genèse colonialiste et ethnologique : l'invention du « Blanc » comme norme
Pour comprendre la supercherie du « racisme blanc », il faut remonter à la construction ethnologique de la « race » par le colonialisme européen.
Historiquement, le Blanc n'a pas été pensé comme une ethnie parmi d'autres, mais comme la norme universelle, l'étalon de la civilisation et du progrès. L'anthropologie coloniale du XIXe siècle a forgé la figure de l'« Autre » (le Colonisé, le Sauvage) pour légitimer le pillage des terres, l'esclavage et le massacre des populations autochtones. Dans cette grille ethnologique, la « blancheur » n'est pas une couleur, mais un statut de pouvoir et de propriété.
Par conséquent, parler de « racisme anti-blanc » d'un point de vue systémique est une aberration. Le racisme n'est pas une simple somme de préjugés ou d'insultes individuelles ; c'est une hiérarchie sociale et matérielle inventée par le colonialisme. On ne peut pas appliquer la catégorie de victime du racisme à la catégorie même qui a été créée pour dominer.
L'ancrage historique : du laboratoire colonial à l'État de classe
D'un point de vue historique, le racisme est le bras armé de la domination de classe et de l'expansionnisme impérialiste. L'État moderne et le capitalisme occidental se sont bâtis sur les richesses extraites des colonies.
Cette structure ne s'est pas effondrée avec les décolonisations formelles : elle s'est mutée en racisme d'État. Aujourd'hui, ce sont les héritiers de l'empire qui subissent le contrôle au faciès, la précarisation du travail, les discriminations au logement et la violence policière. Si un individu blanc peut faire l'expérience d'une hostilité individuelle — acte condamnable mais isolé —, il ne subit aucune oppression historique, institutionnelle ou économique liée à sa couleur de peau. L'histoire n'a jamais produit d'État, de police ou d'armée fonctionnant au profit d'un pouvoir non-blanc visant à assujettir les populations blanches en tant que telles.
La mécanique psychologique : le délire d'encerclement et l'inversion de la faute
Sur le plan psychologique, la rhétorique du « racisme anti-blanc » repose sur deux mécanismes profonds :
La névrose du privilège menacé : Pour le groupe historiquement dominant, la moindre exigence d'égalité de la part des opprimés est ressentie comme une spoliation. La perte du monopole de la parole ou du pouvoir déclenche un sentiment de persécution.
L'inversion psychologique et la projection : L'oppresseur projette sur le dominé sa propre violence historique. En s'inventant un « racisme anti-blanc » ou un « grand remplacement », le fasciste installe le complexe de la citadelle assiégée. Cette victimisation artificielle remplit une fonction psychologique précise : déculpabiliser le dominant et légitimer la violence d'État (expulsions, répression, lois d'exception) au nom de la « légitime défense ».
Aux origines du terme : la contrefaçon idéologique du néo-fascisme
Ce concept ne vient pas du peuple, mais des officines idéologiques de l'extrême droite post-coloniale.
Si la rhétorique de la « défense de la race blanche » existait déjà chez les défenseurs de la ségrégation et du système colonial, l'usage théorisé du terme « racisme anti-blanc » apparaît à la fin des années 1970 en France. Il est forgé au sein de la Nouvelle Droite (notamment le GRECE) sous l'impulsion d'idéologues comme Jean-Yves Le Gallou ou Thomas Milgrom, avant d'être massivement diffusé par le Front National au début des années 1980.
L'objectif politique était d'une perversité consommée : pirater le vocabulaire de l'antiracisme. En se réapropriant les notions de « discrimination » et de « minorité menacée », les néo-fascistes ont réussi à blanchir le discours suprémaciste et colonialiste sous le masque de l'autodéfense culturelle.
Pour l'internationalisme et l'action directe
Le « racisme anti-blanc » est un hochet idéologique agitée par la bourgeoisie et la réaction. Son but est limpide : diviser le prolétariat, dresser les travailleurs les uns contre les autres en fonction de leurs origines, et détourner la colère sociale des véritables oppresseurs — le Capital, la propriété privée et l'État.
Face à la mythologie coloniale et à la paranoia fasciste, nous n'opposons pas un aménagement du pouvoir, mais sa destruction. La vraie solidarité ne s'embarrasse pas des frontières ni des illusions de la « race » : elle se construit dans la lutte des classes, la justice sociale, l'action directe et l'émancipation universelle.



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