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Journal de lutte et d'alternative anarchiste

France Travail resserre l'étau

  • Photo du rédacteur: Contre-Courant
    Contre-Courant
  • 30 juil.
  • 2 min de lecture

Sous prétexte de « modernisation » et d’« accompagnement », l'État perfectionne ses armes technologiques pour broyer celles et ceux qu’il a déjà jetés à la rue. La transformation de Pôle Emploi en France Travail ne visait pas à éradiquer le chômage, mais à resserrer l’étau autour du cou des précaires.


Cet algorithme de profilage n’est pas un bug : c’est la matérialisation numérique de la terreur sociale.


L'utilisation d'outils algorithmiques par l'État ne relève pas d'une gestion neutre ou efficace. Comme le soulignait le mathématicien libertaire Alexandre Grothendieck ( Pourquoi nous continuons la recherche scientifique ?, 1972 ), la technologie conçue par les institutions étatiques et capitalistes n'a jamais d'autre but que d'étendre la domination de la classe dirigeante. L'algorithme de France Travail est un policier virtuel, un flic algorithmique programmé pour automatiser la suspicion, trier les pauvres et massifier les radiations.


Ce flicage automatisé s'inscrit pile dans la mécanique dénoncée par Michel Foucault dans ( Surveiller et punir, 1975) : la réduction des corps à l'état d'objets dociles.


En instaurant un contrôle automatisé sans fin, le pouvoir veut inoculer la peur au cœur de chaque travailleur privé d'emploi, le plier à l'obéissance et le forcer à ramasser n'importe quel boulot de misère sous la menace du couperet numérique. Ils violent jusqu'à leurs propres lois pour faire baisser artificiellement les chiffres du chômage.


La légalité bourgeoise a toujours été un torchon que les puissants jettent dès qu'il gêne leurs intérêts.


Ne comptons ni sur leurs tribunaux, ni sur la clémence de leurs ministres pour détruire cette machine.


Piotr Kropotkine l’a gravé dans ( La Conquête du pain, 1892) : la liberté et la dignité ne s’implorent pas, elles s’arrachent par l’action directe et la solidarité de classe.


Nous n'exigeons pas simplement la suppression d’un algorithme illégal. Nous exigeons le sabotage pur et simple de tout leur arsenal de contrôle social et l’abolition du salariat qui nous enchaîne.


Riposte immédiate :

Autodéfense et sabotage numérique : Identifier, documenter et diffuser massivement les failles et critères de détection du profilage pour paralyser l'efficacité de l'outil.


Entrave collective : Submerger les services et organiser le refus collectif des rendez-vous et des contrôles arbitraires au sein des collectifs de chômeurs et syndicats de combat.


Action directe sur le terrain : Harceler la direction de France Travail et occuper physiquement les agences jusqu’à la mise à la poubelle définitive de ce programme.


À bas le contrôle social, vive l'action directe ! 

 
 
 

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